. Abécédaire illustré, interviews des chercheurs, les sites web à consulter, les expositions Une question les préoccupe : Hans est-il toujours en vie ? Il est dit aux Indiens que son « frère » est à bord et demande à le voir. Il vient avec une caisse de marchandises… Soupçonneux, les Indiens finissent par accepter que leur prisonnier s’approche « à un jet de pierre » du vaisseau. Un membre de l’équipage joue le rôle du frère… Hans le supplie de faire croire aux Indiens qu’il est, comme lui, Français. Il demande aussi qu’on lui donne des couteaux et des hameçons pour amadouer les Indiens qui surveillent cet échange entre « frères » et commencent à s’agacer de sa durée. Finalement, Hans est reconduit au village. Couteaux et hameçons sont remis aux villageois. Hans y gagne d’être, enfin, reconnu comme Français et d’aller avec les Indiens participer aux travaux des champs. Provisoirement, tout irait-il pour le mieux ? Non, car un esclave indien, d’une nation amie des Portugais, dit à qui veut l’entendre qu’il a vu Hans, autrefois, tuer l’un des chefs de la tribu. Il réclame aujourd’hui la mort de Hans. Ce dernier supplie le ciel de le protéger contre les calomnies. Et voilà que l’homme tombe malade. Hans tente de le soigner et n’y parvient pas. Voyant qu’il ne peut être sauvé les Indiens décident de le manger. Hans objecte que la chair du malade est corrompue, rien n’y fait. L’homme est tué et rôti. Des Français arrivent enfin par bateau pour acheter du poivre, des singes et des perroquets. Ils promettent à Hans de l’emmener bientôt, mais pas avant de remplir leur mission : celle d’aller à la guerre. Voyant que le vaisseau va partir, Hans tente le tout pour le tout, et nage jusqu’à lui. L’équipage le repousse. Pas question de trahir les amis Indiens en acceptant qu’il monte à bord. Hans est contraint de revenir à la nage. Aux Indiens qui sont heureux de le revoir, il lance : « Croyez-vous donc que je voulais m’échapper ? Non. J’ai été prévenir mes compatriotes de préparer beaucoup de marchandises, afin que vous me conduisiez vers eux quand la guerre sera finie ». Quatre jours plus tard, Hans est embarqué dans les canots qui partent à destination du village portugais dans le but de s’emparer de tous ceux qui en sortent.  Nous sommes en août 1554. Trente huit canots de vingt huit hommes chacun s’approchent du village. Vont-ils faire des prisonniers ? A la nuit tombée, le roi demande à Hans qu’il les obtienne de son Dieu. Et Hans prédit qu’ils vont faire des captifs. Effectivement, le lendemain, les occupants de cinq canots n’ont pas le temps de s’échapper. Les blessés sont tués sur place, découpés en morceaux et rôtis. Les autres sont faits prisonniers. Deux frères, deux « mamelouks » (c’est ainsi qu’on nomme ici les métis), sont parmi eux. Hans – jugé pour sa prédiction meilleur prophète que le sorcier du village -, cherche à les consoler. Tandis qu’ils campent sur la route du retour, les Indiens chantent et dansent autour des huit Indiens et trois métis qui ont été pris. Pour Hans, c’est le moment de rappeler qu’il est Français et doit être libéré. Mais les Indiens ont un autre projet. Celui de boire, puis ensuite de tuer et de rôtir un certain Jérôme, le fils du gouverneur. Ce dernier est exécuté. Au cours de la cérémonie, le vaisseau français part en laissant Hans au milieu des Indiens. Ces derniers le réconfortent en lui promettant qu’il montera sur le prochain vaisseau, puisqu’il en vient un « presque tous les ans »… Les mois passent. Hans continue d’étonner les Indiens par les miracles qu’il fait en priant son Dieu. Un jour, il fait cesser la pluie qui sévit depuis plusieurs jours et menace les semailles. Un autre, alors qu’il est à la pêche avec deux Indiens, il « écarte » un nuage d’orage qui les menace à proximité. Une nouvelle cérémonie s’annonce pour les deux frères et un certain Antonio... Heureusement, sur les conseils de Hans, les frères parviennent à s’échapper. Antonio a moins de chance. Il est assommé et dévoré. La vie reprend son cours pour Hans jusqu’à ce qu’il change de maître. Ce dernier est prévenu : le Dieu du « Français » peut punir cruellement ceux qui le maltraitent. Hans en profite pour expliquer que son frère et des amis vont bientôt venir le chercher avec plein de marchandises. Et qu’il se fera un plaisir d’en donner à ceux qui le traiteront bien. De fait, quinze jours plus tard, un vaisseau français se signale par des coups de canon dans la baie voisine (aujourd’hui Rio de Janeiro). Outre les marchandises qu’il doit charger, le capitaine a pour mission de récupérer Hans. Encore faut-il que l’échange se fasse sans heurter la susceptibilité des Indiens. Un scénario est mis au point. Hans charge deux matelots qui lui ressemblent vaguement de jouer le rôle de ses frères et d’insister pour qu’ils partent avec eux sous prétexte que leur père est mourant. De son côté, le capitaine fait mine de vouloir que Hans reste encore un an auprès de ses amis Indiens. Hans dit au Chef qu’il ne demanderait pas mieux que de demeurer auprès de lui, mais ses frères le réclament. Finalement, sous les pleurs, et en échange d’un lot de couteaux, haches, miroirs et peignes, Hans monte à bord et rejoint la France en remerciant Dieu de l’ôter des mains des barbares. “ Des Français arrivent enfin   pour acheter du poivre,   des singes   et des perroquets ” http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/40/94/26/PDF/rituel_cannibal_tupinamba_article.pdf Pour en savoir plus et découvrir les illustrations de Theodore de Bry relatives à l’aventure de Hans Staden CLIQUEZ ICI Dessin de Staden Les derniers Indiens des Caraïbes Image, mythe, réalité Odile Gannier. Ibis rouge éditions. 2003
http://www.ibisrouge.fr