. Abécédaire illustré, interviewes des chercheurs, les sites web à consulter, les expositions le souhaitent. A cette époque, Hans Staden est toujours accompagné d’un esclave carios qu’il envoie dans les bois voisins pour chasser le gibier. Un jour qu’il a promis de le rejoindre, il est encerclé par des « sauvages », promptement déshabillé et emporté dans un des canots à bord desquels ils sont arrivés. Mains attachées et cordes au cou, Hans est pris pour un Portugais. Les coups pleuvent. On se dispute sa personne. Certains veulent le tuer et le découper pour avoir immédiatement leur part… Le roi qui accompagne les Indiens inquiète tout particulièrement Hans. Car c’est avec la massue qu’il porte fièrement qu’on assomme les prisonniers avant de les occire et de les manger. Fort heureusement, pour l’heure, le roi a d’autres priorités… L’esclave qui accompagnait  Hans a pu s’enfuir et donner l’alarme. Si bien que le rivage est couvert de Tuppins-Ikins, alliés des Portugais. C’est alors que le chef du canot, armé d’un fusil et de poudre, détache Hans et lui donne l’ordre de se lever et de tirer sur eux. Deux coups de canon répondent à ses tirs. Sans succès. Hans ne se fait plus d’illusions. Sur la longue route du retour, on le menace à chaque instant de le dévorer et on se moque de lui lorsqu’il chante un psaume. Cependant, quand le lendemain un nuage noir semble poursuivre les canots, les Indiens lui demande de prier son dieu « pour que le vent et la tempête ne leur fassent point de mal ». Hans prie de toutes ses forces et son vœu est exhaussé. Après une nouvelle journée de navigation, c’est l’arrivée au village. Jeunes et vieux sortent des cabanes. Les hommes s’intéressent un moment à Hans et le laissent entre les mains des femmes qui, après quelques danses et chants, le conduisent dans une des sept cabanes du village et le rouent de coups en lui promettant d’être mangé bientôt ! Hans qui comprend la langue des Indiens, mais qui ne connaît pas leurs usages, découvre qu’il appartenait jusque là à deux maîtres, à deux frères, qui viennent de le donner à leur oncle. Première humiliation : on lui coupe les sourcils, puis - en dépit de son refus -, les cheveux. Un cordon garni de grelots est attaché à sa jambe et on lui fait porter au cou une espèce d’éventail fait de queues d’oiseaux avant de l’obliger à danser. Nouvelle confirmation : il apprend qu’il a encore quelques jours à vivre. Bientôt, toutes les idoles du village sont disposées autour de lui. A entendre les Indiens, ce sont elles qui ont « annoncé » qu’un Portugais serait bientôt fait prisonnier. Hans, qui fait valoir qu’il est Allemand et l’ami des Français oppose que les idoles ont menti puisqu’il n’est pas Portugais. Mais les Indiens ne veulent rien savoir. Ils acceptent cependant de le garder en vie jusqu’à la venue d’un français. Las ! Quand ce dernier arrive Hans peine à comprendre ce qu’il dit. L’échange est si mauvais entre eux que le Français conclut : « Tuez-le et mangez-le, car ce scélérat est un vrai Portugais, votre ennemi et le mien ». Après quelques jours, Hans Staden est conduit chez le grand roi des Tuppi-Inbas qui le questionne longuement et se vante d’avoir déjà mangé cinq Portugais qui prétendaient être Français. A ces mots, Hans se recommande à Dieu et prévient le roi que trente canots ennemis vont bientôt venir l’attaquer ! Effectivement, il en arrivera vingt-cinq. Pour bien montrer qu’il n’est pas du côté des assaillants, Hans demande qu’on lui donne un arc et des flèches. Les Indiens acceptent mais déjà les assaillants abandonnent et finissent par s’en retourner. Le sort de Hans Staden est scellé. Les Indiens en sont à choisir le moment où ils vont le tuer quand ils se demandent pourquoi il fixe ainsi la Lune. « Elle est en colère » répond  le prisonnier. A quelques temps de là, un vaisseau s’approche. Un petit échange s’engage. Les Portugais s’informent du sort de Hans Staden. Ce dernier, s’adressant aux Indiens, soutient que son frère (français) est certainement à bord. Mais rien n’y fait. Les Portugais repartent en croyant que Hans est mort. De leur côté, les Indiens sont maintenant persuadés qu’ils tiennent là une « bonne prise ». Nouveau coup du sort. Les membres de la famille du roi tombent malades. Il est demandé à Hans si son Dieu peut leur rendre la santé. Le roi est persuadé que la Lune est la cause de leur maladie. Hans ne le dément pas : « C’est vrai, la lune est en colère de ce que vous voulez me dévorer, quoique je ne sois pas votre ennemi ». Dans les jours qui suivent, huit membres de la famille royale meurent, parmi lesquels des femmes qui ont maltraité Hans. Le maître du prisonnier promet de le protéger et d’interdire qu’on le maltraite s’il recouvre la santé. Hans promet de prier son Dieu pour qu’il reste en vie. Le fait est qu’il guérit. Les vieilles femmes du village, jusqu’à présent les plus méchantes envers Hans, changent d’attitude. Voilà qu’elles l’appellent désormais « Mon Fils ». Le Français qui avait conseillé aux Indiens de dévorer Hans revient au village pour ses affaires. Il est surpris de le retrouver en vie. Hans insiste une nouvelle fois auprès de lui. N’est-il pas la preuve que Dieu le protège ? Non, il n’est pas Portugais, mais Allemand et ami des Français. Il supplie l’homme « dans la langue des sauvages » d’en convaincre les Indiens et de l’emmener sur son bateau. Le Français répond à sa prière en affirmant aux Indiens qu’il s’est trompé et qu’il souhaite maintenant partir avec Hans. Les Indiens refusent de se séparer de leur prisonnier à moins qu’un vaisseau leur apporte plein de haches, de miroirs, de couteaux, de peignes et de ciseaux. Affaire conclue promet le Français qui insiste pour qu’on ne tue pas Hans. En attendant ce retour, les Indiens ne perdent pas leurs habitudes. Ils s’apprêtent à dévorer le prisonnier d’un village voisin, un Marckaya, membre d’une tribu amie des Portugais, et Hans est convié à la « fête ». Alors que les Indiens s’enivrent en l’honneur de la mort prochaine de l’esclave, Hans cherche à le consoler en lui promettant que son âme ira dans un lieu de délices. Dans la nuit, un violent orage endommage les toitures des cabanes. Au matin, très en colère, les Indiens accusent Hans d’avoir appelé son Dieu. Le lendemain, le prisonnier est tué et dévoré. Parce qu’il était l’ami des Portugais… La pluie et le vent retardent le retour de Hans à son village. Tandis que le canot est violemment malmené par les vagues, les Indiens lui ordonnent d’empêcher le mauvais temps. Hans leur oppose que son Dieu n’apprécie pas de les voir ronger les os de l’esclave. A peine ont-ils fini leur funeste repas que le soleil réapparaît… Une fois au village, Hans est aussitôt sollicité par le frère du roi qui se sent devenir aveugle. Ce dernier l’incite à prier son Dieu pour que la vue lui soit rendue. Hans y consent en échange de la vive sauve. Le frère accepte et la guérison vient au bout de quelques jours. Hans est retenu prisonnier depuis cinq mois quand un coup de canon retentit. Un second vaisseau arrive de l’île de Saint-Vincent. Les Portugais ont besoin de farine de manioc pour nourrir les esclaves qui travaillent dans leurs sucreries. Ils sont apparemment prêts à échanger couteaux et haches avec leurs ennemis. “ Le grand roi se vante   d’avoir mangé cinq Portugais   qui prétendaient   être Français ” Hans Staden (au centre du dessin) est contraint de danser nu au milieu des Indiennes.   Il porte une coiffe de plumes et des grelots sous les genoux... Dessin de Staden Les dessins de Staden... Dessin de Staden Dessin de Staden